La fin des voitures thermiques ?

Mercredi 8 juin, le Parlement européen a voté la fin des voitures thermiques en 2035. Mais quelle est la portée exacte de la future régulation ? Pourquoi y a-t-il eu débat ? Le vote est-il définitif ? Retour sur un sujet qui divise, en dépit de l’urgence climatique.

Article rédigé par :
Renaud DU PELOUX – Septembre 2022

Vote du Parlement européen : une étape importante

Le Parlement européen s’est prononcé par un vote le 8 juin. Mais les conséquences de ce vote ne sont pas encore définitives. Le Conseil européen des ministres de l’environnement doit encore se prononcer le 28 juin. Puis la Commission, le Parlement et le Conseil doivent se mettre d’accord, courant juillet.

Toutefois, ce vote du 8 juin représente une étape-clef. La dynamique des négociations, telle qu’elle est engagée, paraît difficilement réversible.

Une échéance à connaître: la Loi Climat et Résilience impose à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’avoir mis en place une ZFE d’ici le 31 décembre 2024.

Quel est le contenu de la future régulation sur les voitures thermiques ?

Il s’agit d’interdire à la vente les véhicules thermiques neufs (moteurs essence et diesel, mais aussi moteurs hybrides, ainsi que tous les biocarburants) à compter de 2035. Soit dans 13 ans. Il ne sera plus possible de vendre de véhicule thermique neuf dans l’Union Européenne passé cette date.
Mais il s’agit bien de la vente de véhicules neufs. La “fin des voitures thermiques” ne concerne aucunement ni l’usage, ni la revente du parc européen de véhicules thermiques. Or, on estime ce parc aujourd’hui à 300 millions de véhicules.
En d’autres termes, on est encore loin de voir la voiture thermique disparaître de nos routes.

Norvège, Angleterre, Chine, Etats-Unis : Que font les autres pays ?

Des pays ont déjà pris ce type d’engagement, à l’échelle nationale. Parfois avec un calendrier plus ambitieux, comme c’est le cas par exemple de la Norvège (horizon 2025), de l’Angleterre et d’Israël (horizon 2030).
Toutefois la décision européenne reste sans équivalent, en raison de son échelle. C’est la première fois qu’une telle décision est prise à une échelle aussi importante. Les Etats-Unis, par exemple, se contentent pour le moment d’annoncer que la moitié des voitures vendues devraient être “sans émissions” en 2030. Le Ministère des transports chinois a annoncé une roadmap visant, à l’horizon 2035, moitié de ventes en électrique et moitié en hybride.

La voiture thermique : un enjeu climatique

Les raisons de la régulation sont assez évidentes. Le transport reste le secteur émettant le plus de Gaz à Effet de Serre en Europe (25,8% du total des émissions en 2019). On estime que la voiture est responsable à 54% de ces émissions. Une réduction drastique des émissions de CO2 liées à la voiture paraît donc indispensable, si nous voulons éviter la
catastrophe climatique.

La filière française exprime ses réserves

Luc Chatel, Président de la plateforme qui représente la filière automobile en France, s’est exprimé sur BFM Business le 8 juin. Il qualifie l’interdiction du thermique de “grand saut dans le vide” et donne 3 arguments :

Quelles conséquences pour les industriels ?

Le cabinet indépendant PwC a estimé l’impact potentiel à 500 000 emplois sur l’Europe d’ici 2040. Il ne serait qu’en partie compensé par la création d’emplois dans la voiture électrique, qui générerait 225 000 postes.
Ce qui inquiète aussi les constructeurs européens, c’est la concurrence des constructeurs chinois, qui pourraient profiter de ce changement de technologie pour s’imposer. Ils abordent déjà le marché européen avec des prix défiants toute concurrence. MG Motor, Aiways, BYD, Geely : vous ne connaissez pas encore ces noms ? Il est probable que vous les connaîtrez bientôt.

Voitures de luxe : l’amendement “Ferrari”

La fin des débats s’est cristallisée autour d’un amendement bien particulier. L’interdiction du moteur thermique à partir de 2035 en Europe ne s’appliquerait pas à tout le monde. Les constructeurs de voitures très haut-de-gamme réussiraient à se faire octroyer quelques années supplémentaires pour s’adapter.
L’argument invoqué est celui de la spécificité de leurs moteurs, qui nécessite un délai supplémentaire pour être adapté. L’amendement a été déposé à l’initiative d’eurodéputés italiens, ce qui lui a valu le surnom ironique d’amendement “Ferrari”. Il a suscité de vives critiques. Mais si le texte adopté le 8 juin par le Parlement européen suit son cours, il pourrait bien être effectif. Rendez-vous en juillet pour la suite des événements !

Pour en savoir plus

Contactez-nous pour en savoir plus sur la réduction de l'impact des déplacements liés au travail de vos collaborateurs grâce à notre plateforme d’analyse et d’optimisation des trajets.

Je contacte jeekan

CONTACT

H7
-
70 quai Perrache,
69002 Lyon